C’est Le Parisien du vendredi 30 janvier qui le dit : le pont de Sèvres est devenu impraticable. C’est « un tel bazar » que quelque 280 000 automobilistes sont contraints chaque jour de modifier leur itinéraire pour éviter le méga-bouchon qui se forme à la sortie n° 1 de la nationale 118, à la jonction de Sèvres et de Boulogne.
La raison de cette thrombose ?
Un vaste chantier de réaménagement urbain appelé à durer… jusqu’en 2030.
Je l’avoue : le titre de l’article m’avait induit en erreur. J’étais persuadé qu’il s’agissait de notre pont à nous, celui de la rue du 8 mai 1945 — oui, celui-là même que le maire, notre cher Ronron, souhaite supprimer sans motif réellement probant.
Pardon : souhaitait supprimer.
Car un entrefilet dans sa dernière plaquette électorale sonne comme un début de contrition. Souvenez-vous :
« Le devenir du pont ? Vous déciderez ! »
Mais les électeurs de Sèvres sont-ils réellement assurés d’avoir le dernier mot ?
On peut sérieusement en douter.
D’abord, pourquoi cette nouvelle « concertation » serait-elle différente de celles qui, à en croire Ronron, l’auraient précédée ? Pourquoi la même méthode — « voici la réponse ; quelle est votre question ? » — produirait-elle soudain des résultats différents ? On sait ce que valent ces consultations : un art consommé de faire croire qu’une majorité suit.
En réalité, Ronron se tire lui-même une balle dans le pied. Son raisonnement revient à dire :
« Le projet que je vous présente, prétendument issu de nombreuses concertations, sera ratifié par vous après les élections dans le cadre d’une nouvelle concertation. »
Si les précédentes n’ont servi à rien, à quoi servirait la suivante ?
Il est humain de se tromper.
Il est plus discutable de persévérer — et de prendre les Sévriens pour des attardés.
La vraie question n’est pas de savoir si l’on construira une halle de marché plus ou moins grande à l’endroit choisi par Ronron.
Elle est de savoir comment réaménager le marché existant sans toucher au pont du 8 mai, dont l’utilité n’est plus à démontrer.
Sauf, manifestement, pour Ronron.
Et c’est bien cette question qui vous sera posée.
Non pas au détour d’une énième consultation, mais lors de l’élection municipale des 15 et 22 mars prochains — seul moment où, en démocratie, le choix appartient réellement aux citoyens.
En attendant, la soupe de Ronron sur son projet de centre-ville ressemble furieusement au « plat de nouilles » décrit par Le Parisien :
indigeste.

Bernard FONTAINE








